Affections ou maladies intestinales

Diverticulose (Maladie diverticulaire colique) : Présence de diverticules (petits replis résultant d’un espèce de relâchement de la paroi intestinale). Cette affection est le plus souvent asymptomatique, c’est-à-dire sans douleur, sans signe apparent. Elle a une incidence élevée dans les populations occidentales, et chez les plus de 50 ans, le taux varie entre 20 % et 50 %.

Maladie de Crohn : Inflammation chronique et récidivante, d’étiologie inconnue, pouvant atteindre n’importe quel segment digestif.

Colite ulcéreuse : Atteinte inflammatoire superficielle et d’étiologie inconnue de la muqueuse du côlon.

Syndrome du côlon irritable : Désordre fonctionnel du système digestif souvent associé à des tensions affectives.

D’une part, souvent de cause encore inconnue, le traitement de ces problèmes de santé s’avère très délicat. D’autre part, comme une partie importante de l’efficacité de l’amélioration de la qualité de vie repose sur des facteurs alimentaires particuliers à chacun, l’appui d’un ou d’une spécialiste de l’alimentation (diététiste et/ou nutritionniste) peut s’avérer très positif.

Recommandations générales :

1.       Travailler sur le comportement émotionnel. Il s’agit d’inclure à votre quotidien des activités qui vous libèrent l’esprit. Encore une fois, l’activité physique peut être positive. En plus de son effet relaxant, elle stimule le bon fonctionnement de notre système digestif.

2.       Manger lentement et bien mastiquer. La digestion débute dans la bouche grâce à une enzyme contenue dans la salive (l’amylase). Dans tous les cas de problèmes reliés au système digestif, il faut utiliser au maximum les parties qui fonctionnent bien afin de donner un répit aux parties affectées.

3.       Manger plusieurs petits repas à des heures régulières. Manger des repas moins copieux et prendre des repas à heures régulières permet de favoriser la digestion et la régularité du transit intestinal.

4.       Utiliser les fibres à bon escient. Oui, elles doivent être limitées en phase aiguë. Toutefois, l’objectif sera par la suite de les augmenter TRÈS TRÈS graduellement lors des phases moins critiques pour tendre à retrouver une alimentation le plus normale possible dans les phases de rémission. D’ailleurs, plusieurs estiment que le manque de fibres dans l’alimentation des Occidentaux pourrait être impliqué dans l’augmentation de l’incidence des affections intestinales. En fait, les fibres sont en quelques sortes l’élément qui fait faire de l’exercice à nos intestins et qui les gardent ainsi fermes et en santé plus longtemps. Ainsi, vous pouvez commencer doucement avec des produits céréaliers semi-complets ou des aliments contenant surtout des fibres solubles (psyllium, lin et avoine) plus douces et ayant des propriétés absorbantes pouvant améliorer la consistance des selles (autant pour la constipation que la diarrhée). Par exemple, dans les premières semaines, commencez par faire un moitié-moitié pain blanc et pain de farine de grains entiers. Pour les céréales, incorporez une petite quantité de céréales riches en fibres à votre céréale habituelle, puis augmentez la concentration de fibres TRÈS graduellement.

5.       Les liquides, un coéquipier essentiel. Que ce soit dans les cas de constipation ou de diarrhée, boire beaucoup d’eau. En cas de diarrhée, elle servira surtout à réhydrater l’organisme. Dans les cas de constipation, elle aidera à rendre les selles plus molles en agissant en synergie avec les fibres. Évitez les boissons gazeuses qui produisent des gaz qui perturbent le transit intestinal.

6.       Doser les aliments et les boissons qui aggravent les symptômes. Ces aliments peuvent varier d’une personne à l’autre, mais les plus souvent incriminés sont : les aliments riches en gras (particulièrement les graisses saturées), les mets très épicés (particulièrement le poivre), l’alcool et la nicotine, certains fruits et légumes, ainsi que les boissons et aliments qui contiennent de la caféine. Ceux-ci ont tendance soit à stimuler inutilement vos intestins ou à causer des effets comme des ballonnements ou des sensations de brûlure qui dégradent la qualité de vie. Attention, il ne faut pas éliminer systématiquement un groupe alimentaire de son alimentation, mais plutôt découvrir son degré de tolérance. Pour ce qui est des fruits et des légumes, leur consommation, cuit ou en purée, facilitera grandement leur digestion. Consommez aussi ceux que vous tolérez moins bien en plus petites quantités en les jumelant avec d’autres pour mieux les tolérer. Graduellement, vous pouvez tendre à passer à des étapes de cuisson et de texture plus avancées, un peu comme dans l’introduction des aliments chez un bébé. Lentement, mais sûrement, vous découvrirez votre seuil de tolérance ce qui vous offrira une situation optimale en ce qui à trait à votre santé et à votre bien-être. Soyez positif, même les cas les plus graves peuvent arriver éventuellement à retrouver une alimentation normale pendant les phases de rémission.

7.       Journal alimentaire et symptômes. Avant d’entreprendre quelque traitement que ce soit, il est recommandé de noter pendant quelques semaines tous les aliments ingérés et d’identifier les moments et la nature des symptômes. De cette manière, au bout d’une période suffisamment représentative, vous serez en mesure de faire des liens avec certains aliments. Les mets ou aliments problématiques devraient être limités en s’assurant de les remplacer par d’autres produits à valeur nutritive similaire. Par exemple, ceux qui doivent limiter leur consommation de produits laitiers doivent compenser en mangeant d’autres aliments riches en calcium (comme les boissons de soya enrichies en calcium, les poissons en conserve (avec leurs os), le tofu préparé avec du sulfate de calcium, les noix et les légumes verts foncés). Pour cette étape, un ou une diététiste peut vous « coacher » et surtout vous aider à compenser afin de garder un équilibre dans votre alimentation. Un service de consultation avec une diététiste est offert dans notre boutique santé virtuelle. Voir coup de pouce nutrition.

Travailler sur sa santé est, sans nul doute, un investissement payant!

N.B. : Voir aussi la chronique sur le syndrome de l’intestin irritable.

Véronique Therrien

Diététiste-nutritionniste