Au maintien, cap vers l’autonomie!

Tout processus d’apprentissage passe par les mêmes étapes. Apprendre à bien manger, c’est comme apprendre à lire. Au début, on a besoin de plus d’encadrement et d’outils, puis graduellement, ça devient tout naturel. Le programme de maintien est le moment pour délaisser vos outils externes et vous faire confiance. Toutefois, comme on a besoin de retourner occasionnellement à notre grammaire pour l’alimentation, il est préférable d’avoir des points de référence. Pour cela, les informations nutritionnelles inscrites sur les emballages des produits seront toujours d’une grande utilité dans la mesure où l’on peut les déchiffrer!

Dans notre situation, s’ajoute pour la plupart le désir de perdre quelques kilos. Ainsi, le programme alimentaire recommandé correspond à un niveau d’énergie inférieur aux besoins de base. Ensuite, au terme de l’élimination, le maintien est la phase où l’on retrouve théoriquement l’équilibre entre les entrées (les aliments qui représentent notre carburant) et les sorties (les dépenses énergétiques qui brûlent ce carburant). Cette étape est non seulement essentielle, mais elle est gage du succès à long terme de votre démarche. Logiquement, on ne peut demeurer trop longtemps en dessous de nos besoins énergétiques, car les vitamines, les minéraux et autres substances essentielles au bon fonctionnement de notre organisme sont aussi limités. Voilà l’objet principal de notre insistance sur votre consommation quotidienne de grains entiers, de fruits et légumes colorés, de bonnes sources de protéines, de fer et de calcium. En fait, comme on consomme moins d’aliments, il faut se diriger en priorité vers ceux qui possèdent de plus hautes valeurs nutritionnelles, et ce, parce que l’on vise votre santé globale. Mais aussi, parce que l’on atteint bien plus efficacement nos objectifs lorsque l’on est au meilleur de notre forme.

De la balance au gros bon sens

Souvent, au départ, en plus d’être biaisé sur ce qu’est une portion normale, on est complètement déconnecté de nos signaux internes de faim et de satiété. Ainsi, dans les débuts, on vous encourage à peser et mesurer vos aliments. Ridicule? Pas du tout! Faites-en l’essai et vous pourriez être surpris. Oui, on sait tous que l’on mange trop de féculents, mais particulièrement pour les femmes, vous constaterez que votre portion habituelle de viande, volaille, poisson et légumineuse est souvent inférieure à la quantité idéale. Même chose pour les légumes. À ce niveau, nous avons tous du chemin à parcourir.

Pour ce qui est de nos signaux internes, c’est la même chose. Au départ, on vous encourage à manger plus lentement et à éviter les distractions (TV, ordinateur, etc.). Enfin, on vous indique que le fait de se sentir plein n’est pas le meilleur indicatif de l’atteinte de la satiété. À ce moment, ça fait déjà plusieurs bouchées de trop qui ont été ingurgitées. C’est plutôt la baisse d’intérêt pour les aliments qui sont dans notre assiette qui est le signe que notre appétit est comblé. Par ailleurs, souvent on ne s’y arrête pas parce que l’on a l’esprit ailleurs ou, le plus souvent, parce que le contenu de l’assiette est déjà vidé avant que le message ne soit reçu! Comme en toute chose, vivons le moment présent et savourons chaque instant… C’est aussi un autre petit pas vers le bonheur! D’autres facteurs comme notre éducation peuvent influencer notre prise alimentaire. Plusieurs d’entre nous ont été programmés à toujours terminer leur assiette. Notez toutefois, qu’il n’y a rien de mal à terminer notre plat dans la mesure où les portions qui s’y retrouvent sont convenables. Alors, mieux vaut se servir des portions adéquates et manger lentement, quitte à se resservir un peu de légumes ou à prendre un bon petit dessert fruité ou lacté à la fin du repas.

Au maintien, faites confiance…

 

Faites confiance au programme

À cette étape, de peur de reprendre du poids, plusieurs ne respectent pas les ajouts alimentaires à faire. Pourtant, particulièrement pour vous qui aimez les plaisirs de la table, mieux vaut habituer votre organisme à plus, qu’à moins. Au départ, nous avons diminué vos apports alimentaires d’environ 500 à 800 calories, alors que le maintien vous en redonne approximativement 400. Vous avez donc cette latitude. Saisissez cette occasion pour introduire consciemment de nouveaux aliments à votre menu. Ceci vous permettra de cristalliser ces nouvelles habitudes à votre quotidien plutôt que de graduellement revenir à de moins bonnes tendances par rébellion. On se lasse de la perfection, ça prend tout de même de toutes petites « cornes » pour trouver l’équilibre!

Surtout, il ne faut pas se compliquer la vie. D’une part, il s’installe toujours une certaine routine au niveau des portions. Par exemple, si on prend l’habitude de manger un volume « X » de céréales au déjeuner ou une grosseur « X » de viande au dîner, ça va continuer de se faire inconsciemment. Ainsi, si au cours du programme d’élimination on s’est habitué à consommer 3 portions de produits laitiers par jour en incluant toujours une boisson ou un dessert laitier à nos repas, ça devient éventuellement tout naturel de le faire et on n’a plus à s’y arrêter. Puis, pendant le maintien, c’est-à-dire tout le reste de notre vie, on poursuit cette base, mais en plus, on a l’équivalent de 400 calories de manœuvre. Bien sûr, il est toujours favorable de préconiser nos groupes alimentaires de base, principalement parce que leur rapport qualité/prix (en calories) est beaucoup plus intéressant. Toutefois, les aliments-plaisir ont aussi leur place et leur équivalent en termes de calories se retrouve sur les informations nutritionnelles de l’étiquette. Encore une fois, il faut user de gros bon sens. Puisque ce sont souvent les mêmes qui reviennent, éventuellement, on connaît leur valeur.

Faites confiance à votre corps

Lorsque vous n’éprouvez plus de plaisir à manger, arrêtez-vous. Déprogrammez l’éducation que vous avez reçue de toujours terminer votre assiette! La poubelle ne souffrira pas d’embonpoint. Effectivement, apprendre à distinguer et à suivre les signes de la satiété est essentiel au maintien d’un poids santé. À l’opposé, si vous avez faim, mangez! Surtout, n’attendez pas que vos entrailles vous tiraillent, car à ce moment on perd le contrôle de la qualité et de la quantité. La meilleure volonté du monde ne fait pas le poids contre votre instinct de survie; le gras et le sucre représentent ses plus efficaces recharges d’énergie! Par ailleurs, au cours de la phase d’élimination, il a fallu prendre le temps de balancer et de travailler le rythme dans les apports alimentaires. En d’autres mots, manger moins, mais plus souvent tout en s’activant à ramener une concentration plus importante d’aliments dans la première moitié de notre journée active. Ceci procure une meilleure répartition des entrées d’énergie pour notre corps et diminue les fringales incontrôlables qui mènent à de moins bons choix alimentaires. Ne vous découragez pas! Il est vrai que l’appétit vient en mangeant et, dans les débuts, il faut y aller graduellement et entretenir ce rythme plus favorable au contrôle du poids.  Par la suite, encore une fois, ça devient automatique et spontané. Manger santé ne signifie pas de se priver de nos aliments favoris. Tous les aliments ont leur place dans le cadre d’une saine alimentation, c’est la fréquence et les portions qu’il faut travailler. Ce qui importe, c’est votre moyenne au bâton. Par ailleurs, comme il demeure que la plus grande motivation de maigrir est de maigrir, au cours de la phase d’élimination, il faut tout de même faire quelques concessions.

Amusez-vous avec les textures, les couleurs et les saveurs pour procurer du plaisir à tous vos sens. C’est le secret de l’équilibre et du maintien des bonnes habitudes!

Bon succès dans votre démarche!

Véronique Therrien

Diététiste pour Minçavi