La nutrathérapie : une recette éprouvée dans la prévention du cancer

Les études et les écrits portant sur les aliments anticancéreux se multiplient. Il n’y a rien de surprenant, car cette maladie est devenue la première cause de décès au Québec, surpassant maintenant les maladies cardiovasculaires. Selon les données actuelles, 2 personnes sur 5 auront à combattre un cancer au cours de leur vie. Pourtant, la majorité des cas de cancer relèveraient de facteurs modifiables dans nos habitudes de vie laissant seulement 15 % des cas d’origine génétique. À elle seule, la mauvaise alimentation serait responsable de 30 % de toutes les formes de cancer, allant jusqu’à 75 % des cas dans les cancers du tube digestif tels que celui du côlon et de l’estomac. Il est donc plus que temps de mettre en pratique les stratégies de prévention simple que nous transmettent les spécialistes en ce domaine.

Qu’est-ce que le cancer?

Chaque jour, des centaines de milliards de cellules de notre corps se divisent pour se renouveler. Naturellement, il se produit occasionnellement des erreurs. Combinées à d’autres éléments défectueux, ses divisions erronées constituent un début de cancer. Prévenir ce dernier consiste à empêcher ces micros tumeurs de devenir des cancers déclarés. La prévention au quotidien dès le plus jeune âge est donc la meilleure stratégie à envisager, mais il n’est jamais trop tard pour réagir en améliorant nos habitudes de vie.

Le docteur Béliveau, une sommité mondiale dans la lutte contre le cancer

Actuellement, le docteur Richard Béliveau, titulaire de la Chaire en prévention et traitement du cancer de l’Université du Québec à Montréal, directeur du Laboratoire de médecine moléculaire, service d’hémato-oncologie de l’hôpital Sainte-Justine et coauteur du livre « Les aliments contre le cancer » est l’invité de marque de plusieurs bulletins de nouvelles et lignes ouvertes. Mardi, le 13 septembre dernier, à l’émission de Simon Durivage, le Dr Béliveau soulignait à nouveau l’importance d’augmenter notre consommation de fruits et légumes qu’ils soient frais, cuits, bio ou non, l’important étant d’en consommer une quantité minimum au quotidien. Par exemple, la moitié de notre assiette du déjeuner devrait être constituée de fruits, puis au dîner et au souper, celle-ci à moitié couverte de légumes. Il serait aussi avantageux de privilégier plus souvent ce groupe d’aliments aux desserts et aux collations. Il n‘y a maintenant plus de doute, à l’instar des maladies cardiovasculaires, de l’hypertension et du diabète où l’on est malade de nos abus en gras, sel et en sucre. Au niveau du cancer, des centaines d’études démontrent que l’on est malade des aliments que nous négligeons dans notre alimentation, soit les fruits et les légumes. D’ailleurs, dans les populations qui ont une alimentation très riche en végétaux, les niveaux de cette maladie sont de 10 à 20 fois plus faibles. Selon M. Béliveau, « bien manger, c’est bombarder quotidiennement les micros tumeurs avec des molécules anticancéreuses ». Ainsi, c’est comme s’administrer une dose de chimiothérapie naturelle qui est sans effet secondaire au quotidien.

Aliments anticancéreux

En plus des fruits et des légumes, d’autres végétaux tels que les graines de lin moulues, la pâte de tomate, le thé vert, l’ail, le soya et les légumineuses, les fruits à écale, le vin rouge (avec modération), le chocolat noir à 70 % (30 g) ainsi que certaines épices telles que le curcuma* et le poivre noir* posséderaient également une grande quantité de composés anticancéreux et seraient donc à inclure régulièrement à notre menu.

Voici certains « alicaments » dont la consommation quotidienne d’une demi-tasse (125 ml) est recommandée à titre préventif  par le docteur Béliveau :

  • La famille des choux (chou, choux de Bruxelles, chou-fleur, navet, brocoli)

  • Épinards, cresson

  • Oignon, échalotes, poireau

  • Bleuets, framboises, mûres

  • Canneberges

  • Raisins

  • Jus d’agrumes (orange, pamplemousse, etc.)

À noter qu’il vaut mieux en consommer un peu chaque jour qu’une seule fois dans la semaine, et qu’il existe aussi des aliments à proscrire tels que les charcuteries, les marinades, la malbouffe, les aliments fumés ainsi que toutes les fritures.

Propositions facilitantes

Afin de vous aider à inclure ces super aliments à votre menu quotidien, voici quelques recommandations :

  • Favorisez la disponibilité de ces aliments. Tout comme la farine, l’huile, certains condiments et assaisonnements se retrouvent en permanence dans votre garde-manger. Une provision de petits fruits et de jus d’agrumes concentrés et congelés sans sucre ajouté devrait toujours être en réserve dans votre congélateur. Quelques aliments de la famille des choux ainsi que des épinards devraient également être bien en vue au réfrigérateur, etc. ;

  • Privilégiez des recettes combinant plusieurs « alicaments ». Par exemple, agrémentez votre traditionnel jus d’orange avec des petits fruits des champs que vous mettrez au mélangeur. L’utilisation de petits fruits congelés conduit à une texture semblable à celle d’une barbotine (« slush ») que les enfants apprécient particulièrement. La soupe est aussi un mets passe-partout qui permet d’inclure plusieurs légumes et épices diverses. Enfin, un mélange de curcuma et de poivre noir peut facilement être incorporé à vos vinaigrettes ou autres mets en guise d’assaisonnement ;

  • Misez sur le plaisir et la variété. Pour être conservé au menu régulier, le goût des recettes doit vous plaire. Amusez-vous à découvrir les saveurs provenant de différentes cultures où certains de ces aliments sont utilisés dans leur cuisine traditionnelle telle que la cuisine japonaise, chinoise, indienne, moyen-orientale et méditerranéenne.

Propositions de recettes issues de nos livres

À noter que toutes ces recettes peuvent être agrémentées d’un mélange de poivre noir et de curcuma au goût.

Recettes

Livre

Salade de chou

(Attention, erreur au niveau des informations nutritionnelles MAV : 1 portion = 1 gras (et non 2))

1, p. 121

Choux de Bruxelles sautés à la Shanghai

Motivation II,  p. 24

Choux de Bruxelles spéciaux

3, p. 80

Étagé de bœuf et chou (le bœuf peut aussi être coupé avec du tofu émietté)

Sp. 20e, p. 73

Chow mein au tofu

3, p. 174

Cigares au tofu

Motivation I, p. 103

Chou-fleur au curry

4, p. 84

Sauté de brocoli

4, p. 86

Casserole de lentilles aux épinards

5, p. 179

Pois chiches à la marocaine

Sp. Gourmet, p. 35

Soupe aux épinards

3, p. 161


Bien qu’il existera toujours des individus désavantagés par leur génétique ou, à l’opposé, d’autres à la santé apparemment à toute épreuve, l’idée est de mettre toutes les chances de son côté. D’autant plus, que bien s’alimenter procure une multitude d’autres avantages.

 

Il y a déjà fort longtemps, Hippocrate disait « que l’aliment soit ton médicament ». Aujourd’hui, le docteur Béliveau nous rappelle que « notre meilleur allié n’est pas la pharmacie ni le comptoir d’aliments naturels, mais le supermarché ».

 

Bonne épicerie!

 

Véronique Therrien Dt.P.

 

 * La combinaison du poivre noir et du curcuma optimiserait l’assimilation des substances actives du curcuma.

 

N.B. Vous avez la possibilité de visionner  l’émission de Simon Durivage en question à partir du site Internet de l’émission (www.simondurivage.com) en sélectionnant la deuxième partie de l’émission du mardi 13 septembre dernier.