L’éducation à la saine alimentation de l’enfant

Tout comme apprendre à parler, à lire ou à compter, pour devenir un adulte autonome et équilibré, l’enfant a besoin d’apprendre à bien se nourrir. Pour vous simplifier la tâche, voici trois règles élémentaires :

  • Prôner par l’exemple ;
  • Se concentrer sur la qualité ;
  • Laisser l’enfant contrôler la quantité.

Prôner par l’exemple : votre enfant apprend en grande partie par mimétisme.

Effectivement, gardez toujours en tête qu’il vaut mieux savourer tranquillement de bons aliments en compagnie de vos enfants que de leur vendre des principes de nutrition. Au quotidien, tentez d’établir une régularité dans les habitudes entourant la prise alimentaire, que ce soit concernant l’endroit et l’environnement dans lesquels les repas et les collations sont consommés ou les moments que ces derniers sont ingérés. Manger lentement en famille dans un environnement calme et sans distraction permettra à tous les membres d’être plus réceptifs à leurs sentiments de faim et de satiété, et cela favorisera l’appréciation du moment. La quête de la perfection n’est surtout pas recommandée. D’ailleurs, c’est bien connu, tous les aliments ont leur place dans le cadre d’une saine alimentation, c’est la fréquence de chacun qu’il faut contrôler. Les boissons gazeuses et les sucreries peuvent faire partie d’un régime équilibré si elles sont consommées occasionnellement, par exemple à une fête d’enfants. Un déséquilibre peut se produire que l’on abuse de « bons » ou de « moins  bons » aliments. Enfin, idéalement, n’utilisez jamais les aliments pour récompenser ou punir. Ce faisant, vos enfants pourraient avoir tendance à confondre le sentiment de réconfort que procure la nourriture avec le véritable besoin de satisfaire sa faim.

Se concentrer sur la qualité : Le parent a cette responsabilité.

Mettez les choses au clair : maman et papa souhaitent que toute la famille soit au maximum de leur forme afin de passer de meilleurs moments ensemble lors des repas. Nous allons tenter d’être mieux organisés et aussi d’essayer de nouvelles recettes. Présentée de façon plaisante, les enfants peuvent être très positifs à la situation. En se sentant impliqués, ils seront plus ouverts et motivés. Par exemple, selon son âge, invitez-le à :

  • Déterminer le menu de la semaine avec vous en feuilletant les livres de recettes et les circulaires de la semaine ;
  • Après lui avoir donné quelques détails, partagez la liste des aliments à acheter au marché et prenez chacun un panier. Ayez confiance en lui, vous serez épaté par ses choix santé et économique (bien sûr, il faut le préparer un peu) ;
  • Demandez lui de vous mettre son « CD » de musique préféré et de vous aider à la préparation d’une recette. Graduellement, augmentez sa liberté et sous peu, il vous concoctera la plus fabuleuse des recettes de galette!
  • Sortez du traditionnel, que ce soit pour le déjeuner ou le souper, une table bien disposée et des chandelles sont toujours invitantes ; laissez place à sa créativité!

Après vous être procuré des aliments de haute valeur nutritive et préparé de bons petits plats, il est temps de savourer le tout. Terminés les menaces et le chantage, vous avez fait un excellent boulot! Maintenant, votre marmaille mange ce qu’elle a envie de manger parmi les aliments qui se retrouvent dans leurs assiettes un point c’est tout. Ensuite, cela va à la collation ou au prochain repas. Toutefois, il est important d’exiger que l’enfant s’assoie en compagnie des autres membres de la famille pour un temps raisonnable. Ainsi, une fois à la table, sans autres distractions, il y a de bonnes chances que notre petit entêté prenne quelques bouchées de la nouvelle recette de maman.

L’enfant contrôle la quantité : il décide de sa portion.

En raison de la croissance qui s’effectue par poussées et non de façon régulière, il est normal que l’appétit de votre enfant soit irrégulier. Nous possédons tous « un régulateur d’énergie » qui nous envoie des signaux de faim ou de satiété (appétit comblé). Obliger un enfant à terminer son repas est en quelques sortes une manière de l’entraîner à ne pas tenir compte des signaux que lui envoie son corps. Évidemment, il est possible que la raison vienne de l’extérieur, c’est-à-dire que l’enfant ait trop hâte de retourner à ses jeux par exemple. C’est pourquoi, il est préférable de demander à l’enfant de demeurer à table, même s’il n’a plus d’appétit, et ce, jusqu’à la fin du repas. Éviter le grignotage entre les repas et les collations favorisera aussi la prise des « bons aliments » au moment opportun. L’enfant qui mange n’importe quand risque davantage de manger n’importe quoi. Créer un horaire pour la famille procure un sentiment de sécurité chez l’enfant. Si vous persévérez, il viendra un jour ou votre enfant ne demandera plus à tout moment un biscuit, des croustilles ou de la crème glacée! Le secret du succès repose sur votre constance et votre organisation.

Propositions  facilitantes

  • Faites provision de bonnes choses. Plus la disponibilité aux « bons aliments » sera variée, plus vous serez disposé à contrôler la situation. Ainsi, lorsque vous cuisinez des muffins, des galettes, des barres tendres ou autres, faites-le en double et remplissez votre congélateur d’aliments dépanneurs. Vous pouvez aussi conserver quelques fruits à écale tels que des amandes. Au retour de l’épicerie, prévoyez du temps pour préparer les crudités de la semaine et pour apprêter les fruits comme les melons ou l’ananas en quartiers les rendant plus accessibles aux enfants ;
  • Prévoyez toujours plus d’une variété de légumes aux repas en combinant des nouveautés (pois mange-tout, asperges, poivrons de différentes couleurs, et si vous vous sentez d’attaque… pourquoi pas des choux de Bruxelles!) et des valeurs sûres (bébés carottes, concombre). Soyez positif dans vos propos. Plutôt que d’obliger votre enfant à manger ces légumes, offrez-lui de choisir lui-même la variété et la quantité qu’il va mettre dans son assiette. Montrez l’exemple, les légumes devraient couvrir la moitié de la vôtre. La plupart des enfants refusent généralement les aliments inconnus. Cependant, les goûts peuvent être développés en présentant régulièrement des aliments pour les rendre familiers à l’enfant. Une étude a démontré que cela peut prendre entre 8 et 10 expositions pour accroître l’attrait pour un nouvel aliment… Il faut donc être patient! Comme les enfants préfèrent souvent les légumes crus ou peu cuits, voici une petite astuce : En entrée, offrez régulièrement un plateau de crudités accompagné de sa trempette préférée. Offrir des légumes avant que le petit bedon soit plein, augmente vos chances de succès, car présentés au même moment que les autres aliments, ils sont souvent boudés par nos petits becs fins ;
  • Offrez de l’eau plus souvent en remplacement des jus ou des boissons sucrées ;
  • Réduisez la quantité de gras et de sucre dans vos recettes et apprenez à votre enfant à modérer le gras et le sucre qu’il ajoute aux aliments. Réservez les aliments riches en gras et en sucre pour les occasions spéciales. Surtout, ne jouez pas au super héros. Mieux vaut ne pas conserver ces aliments à la portée de la dent. Achetez-les ou préparez-les à la dernière minute ;
  • Finalement, incitez votre enfant à manger lentement. Étirez les services, la satiété met environ 20 minutes à se manifester.

Faire adopter une saine alimentation à un enfant peut être tout un défi. Toutefois, les retombés sont beaucoup plus importants que l’on peut s’imaginer. En offrant un carburant haut de gamme à notre enfant en pleine croissance, nous lui offrons une meilleure résistance aux infections, une protection contre diverses maladies dégénératives qui débutent sournoisement dès l’enfance telles que les maladies cardio-vasculaires et le diabète, nous augmentons ses chances de réussites académiques et nous améliorons son estime de soi. Enfin, nous lui transmettons le goût de vivre pleinement, l’investissement est donc assurément très rentable!

Sur ce, je vous souhaite de merveilleux moments en famille!

Véronique Therrien Dt.P.